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Abvent est fière de mettre en avant les talents de ses utilisateurs . Vous trouverez ci-dessous quelques témoignages qui présentent la façon dont vous utilisez ArchiCAD au quotidien, si vous souhaitez nous faire part du vôtre, cliquer-ici

Studio 4 avec ArchiCAD

Piloter un bâtiment depuis une maquette au format IFC

Pionnier de la modélisation 3D, Thierry Parinaud a fait le choix de l’informatisation dès 1985. L’objectif est alors simple et le restera : avoir la capacité de concurrencer des agences beaucoup plus importantes.
Ses priorités actuelles : le développement durable au travers de projets montés en collaboration avec le réseau Qualité & Architecture et les IFC dont il assure la promotion au sein de Mediaconstruct.

Quelles sont les motivations qui vont ont poussé vers la modélisation 3D ?

Après mes études, j’ai travaillé en agence de 1980 à 1984, avec des calques et des Rotring. À l’époque, l’UNSFA lançait une vaste campagne nationale intitulée : « Une agence, un ordinateur » et quand je me suis mis à mon compte avec mes associés en créant Studio 4, nous avons investi dans des Mac et des logiciels de dessin. En effet, nous voulions pouvoir concurrencer des agences plus importantes : nous n’avions qu’une seule solution, nous informatiser. Ainsi, à deux ou trois, nous produisions autant que si nous étions une dizaine. Cela n’a pas changé depuis d’ailleurs.

Pourquoi avoir choisi ArchiCAD ?

Il s’agit d’un logiciel simple d’utilisation. Il me fait penser à un jeu de Légo dont on assemble les pièces. Il devient de plus en plus riche au fur et à mesure des années et je pense ne l’utiliser qu’à la moitié de ses capacités.

Je ne conçois rien sans ArchiCAD. Il est de tous mes projets, qu’il s’agisse de bâtiments complexes comme de maisons individuelles. Pour ces dernières, en général, je ne fais même pas d’esquisse avec SketchUp ; je travaille directement dans ArchiCAD. Après tout, qui peut le plus peut le moins.

Outre ses capacités de modélisation, ArchiCAD simplifie largement les rapports avec les clients. Il permet de présenter à ces derniers, en amont, une maquette qui est une réplique exacte de ce que sera le bâtiment une fois construit. Les donneurs d’ordre peuvent donc se rendre compte, dans les détails du projet, si celui-ci correspond à leurs attentes ou pas. Si des adaptations ou des changements sont à faire, il est quand même préférable de les réaliser au niveau de la maquette plutôt que lorsque le bâtiment est construit...

 

La version 12 vient de sortir. Quels en sont les points forts adaptés à vos attentes ?

Trois des diverses nouveautés ont retenu mon attention.

Tout d’abord, cette version exploite pleinement les capacités des processeurs multicœurs durant tout le processus de modélisation et de documentation. La vitesse de calcul et d’affichage a été facilement multipliée par quatre ou cinq et le gain de temps est particulièrement sensible dans les navigations en 2D ou en 3D, dans les calculs du modèle 3D, des façades et des coupes avec ombres portées.

Ensuite, l’affichage sélectif des structures permet maintenant de travailler à la création des murs et des dalles composites tout en choisissant d’afficher la structure seule.

Enfin, il faut souligner le générateur d’escaliers. En effet, l’outil StairMaker a considérablement évolué en étendant les réglages disponibles pour permettre de paramètrer l’affichage en plan des escaliers, conformément aux normes en vigueur, ainsi que pour personnaliser les réglages de l’interface utilisateur.

Je suis en train de découvrir une nouvelle fonctionnalité intéressante : les murs rideaux.

Dans quels secteurs Studio 4 intervient-il ?

Deux essentiellement au départ, les équipements publics (établissements scolaires, maisons de retraite...) et les bâtiments industriels (bureaux, entreprises...).

Depuis cinq ans, nous nous sommes diversifiés dans les maisons à ossature et bardage bois en collaboration avec les menuiseries Lefort, spécialisées dans le domaine depuis 40 ans. Auparavant les plans d’occupation des sols interdisaient le bois et donc les maisons en bois. De plus, les maisons individuelles sont réalisées à 5% par des architectes et à 95% par des Constructeurs. La part des architectes est en train de se développer.

Au départ, nous faisions une maison par an, maintenant une dizaine, en région parisienne.

Vous travaillez également en collaboration avec le réseau Qualité & Architecture (Q&A) sur un certain nombre de projets. Quelle est la spécificité de ce réseau d’experts ?

Nous sommes tous engagés dans le développement durable et la maîtrise des aspects environnementaux. Nous jouons la multiplicité et la complémentarité de nos compétences ainsi que la rapidité d’intervention. C’est cette démarche collective qui a abouti aux certifications de notre réseau ISO 9001 et 14001.

La norme ISO 14001 est le seul référentiel international reconnu pour le système de management environnemental. Basée sur le principe de l’amélioration continue, cette norme a pour finalité d’identifier, de vérifier et de maîtriser les aspects environnementaux de tout organisme et précise comment piloter l’ensemble du système.

La norme ISO 14001 implique non seulement une maîtrise des impacts liés à l’activité de l’entreprise mais aussi une réduction des nuisances. Nous proposons ainsi à tous nos clients, du particulier au maître d’ouvrage institutionnel, d’intégrer dans son projet au moins trois cibles environnementales : choix des procédés de construction et des matériaux de construction, choix des énergies renouvelables, gestion des eaux pluviales

Quels sont les formats d’échanges les plus utilisés aujourd’hui dans l’architecture ?

Aujourd’hui, on utilise principalement les formats “DXF“ et “DWG“ (dits propriétaires) et aussi le format PDF, copie numérique et conforme du projet qui permet de discuter avec son maître d'ouvrage et de valider notamment la phase esquisses. Ensuite, il sert à informer les entreprises sur l’avancée des chantiers.

Les formats “DXF“ et “DWG“ sont bien connus ainsi que leurs inévitables problèmes de transfert des données, de retranscription, de compatibilité de version, de pertes de données, de noms de calques plus ou moins compréhensibles, de difficultés de recollement d'implantation...

Vous êtes le vice-président de Mediaconstruct. Pouvons-nous faire le point sur les IFC aujourd’hui ?

Au cours de la conception, une même information peut être saisie à sept reprises par les différents intervenants… On pourrait multiplier les exemples qui sont autant de preuves des limites de nos modes d’échanges actuels et des défauts d’interopérabilité des logiciels utilisés par les professionnels. Au début des années 2000, une réponse internationale a été fournie aux problèmes de transfert avec les Industry Foundation Classes (IFC). Il s’agit d’une norme ouverte et publique qui équivaut dans la construction au XML bien connu dans d’autres domaines. Aux Etats-Unis, où sa diffusion s’est toujours montrée plus forte qu'en France, la General Service Administration a demandé dès 2006 que toute donnée relative à la construction et à la gestion du patrimoine des bâtiments placés sous sa tutelle intègre des données au format IFC.

En France, cette norme est promue par Mediaconstruct, association qui regroupe, outre les éditeurs les plus importants du secteur, les organisations et fédérations professionnelles des principaux acteurs de la construction.

Elle s'étend peu à peu à d'autres métiers (travaux publics, systèmes d'information géographiques). La norme étant assez souple, les éditeurs se sont donnés comme priorité la définition d'une méthodologie de bonne écriture d'un fichier IFC par métier.

La modélisation 3D semble de plus en plus indispensable à une bonne gestion du fonctionnement des bâtiments. Elle permet également d’assurer une meilleure compréhension des schémas d'électricité, de ventilation, de chauffage ou de gaz. Dans ce contexte, les IFC, avec leurs composantes 3D, intéresseront en particulier les exploitants de bâtiments très complexes (hôpitaux, aéroports, universités...).

L'idée, à terme, c’est de piloter le bâtiment depuis une maquette au format IFC sans avoir à se déplacer.

Vous avez mis les IFC en pratique sur le projet du collège de Vigny. Racontez-nous vos difficultés.

Patrick Terrier et moi-même, membres de Q&A, nous sommes associés pour répondre au concours lancé par le Conseil Général du Val d’Oise pour la construction du premier équipement public valdoisien HQE®, c’est-à-dire, le collège 600 de Vigny, implanté au cœur du Parc naturel régional du Vexin français.

Quand l’un travaille avec Archicad, sur Mac et l’autre avec un logiciel différent, sur PC, comment échanger ses fichiers ? Notre première idée : travailler en 3D, avec le standard IFC. Ces deux logiciels sont censés exporter et importer les informations.

Le premier test s’est révélé négatif. Nous n’avons pas beaucoup insisté car le timing d’un concours n’est décidément pas propice à l’expérimentation.

Ayant remporté ce concours, nous avons ensuite pu travailler en IFC de manière plus sereine, émaillé il est vrai de quelques incidents. Au final, nous avons pu livrer un DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) numérique interopérable.

Pourquoi la diffusion des IFC est-elle aussi lente ?

On peut effectivement s’interroger sur la lenteur de leur diffusion et l’attentisme qui se manifeste à leur égard. Chacun voudrait que l’autre essuie les plâtres.

Les architectes, les ingénieurs, les économistes, les pilotes de chantiers ont tous des profils et des contraintes spécifiques. La collaboration interprofessionnelle n’est pas simple et l’interopérabilité demeure encore virtuelle pour beaucoup.

Si certains restent réticents face à ces nouvelles pratiques, c’est essentiellement en raison du coût de l’achat de ces logiciels 3D et de la formation inhérente à l’utilisation de ces outils. Parallèlement, il est vrai que les NPIC (Nouvelles Pratiques de l’Information et de la Communication) engendrent de profondes modifications dans le process de travail, tant en interne qu’en externe. Il faut savoir manipuler divers logiciels de dessin et de rendu, ce qui n’est pas simple pour éviter d’amplifier les difficultés d’échanges et donc de partage.

La formation des divers acteurs aux nouvelles technologies est donc fondamentale.

Avec les IFC, il est nécessaire d’échanger par l’intermédiaire d’une plateforme. En effet, la maquette virtuelle du collège de Vigny par exemple pesait plus de 50 Mo et ne pouvait donc être échangée que par ce moyen ou par une adresse http spécifique.

Avec les IFC, chacun peut venir alimenter la maquette numérique d’un projet sur cette plateforme. Par contre, la validation n’appartient encore et toujours qu’au seul architecte qui reste donc, le véritable chef d’orchestre du projet.

Il y a encore beaucoup de progrès à faire mais les IFC sont l’avenir…




 
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